Mon nom est Loraine Brummer et je vis dans un petit village, Bow Valley, dans les collines du nord-est du Nebraska. Bow Valley est situé à environ 20 miles de Yankton, So. Dakota et 60 miles de Sioux City, Iowa. Une raison pour laquelle vous pouvez visiter notre ville est de voir notre belle Saints Pierre et Paul historiques église catholique.
Monday, September 1, 2014
Monday, August 25, 2014
L'assiette americaine de Blandine (Atlanta)
Au début, il était simplement question de meringues. C'est vrai, ça, où trouver des meringues déjà prêtes aux Etats-Unis ? A la manière d'une bonne élève fière de connaitre la réponse à la question du maître, j'ai répondu au message de Blandine quelques secondes à peine après l'avoir lu. Des meringues, il y en a chez Trader Joe's, dans des containers en plastique transparent au-dessus des légumes surgelés (normal), ainsi qu'au rayon boulangerie de chez Whole Foods, emballés dans des sachets de cellophane (elles ont d'ailleurs l'air dangeureusement gourmandes). L'histoire ne dit pas si Blandine a trouvé les meringues mais, après avoir échangé quelques messages avec cette jeune femme, j'ai eu très envie de faire sa connaissance autour d'une tasse de thé (bien que, soyons honnêtes, je carbure surtout aux lattes en ce moment). A défaut de pouvoir aller lui rendre visite à Atlanta, où elle vit aujourd'hui, je l'ai invitée à partager le contenu de ses valises avec nous. Je vous préviens, c'est une vraie gourmande !
Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ?
Je suis née à Lyon et y suis restée jusqu’à la fin de la première partie de mes études. Lyonnaise dans l’âme (les vacances se passaient été comme hiver à la montagne), mais avec du sang du sud-ouest qui coule dans les veines. Ma mère est du Tarn et mon frère, ma sœur et moi avons passé beaucoup de temps dans cette très belle région où nous continuons de nous rendre chaque année. J’ai été donc très influencée par la cuisine de ma mère et de ma grand-mère qui préparent tout à l’huile d’olive et à la graisse de canard. Ma famille maternelle fait elle-même ses foies gras chaque année (en grosse quantité). Parmi les souvenirs d’enfance figurent le saigneur qui venait à la ferme tuer le cochon, les bassines de sang dans le réfrigérateur pour faire le boudin, et les fouasses dont on s’empiffrait avec les cousins (et qu’on continue de dévorer quand on se retrouve chaque année à la ferme de ma grand-mère). Je suis ensuite partie pour Clermont-Ferrand et deux ans plus tard je me suis rendue à Georgia Tech pour achever mes études en 1997. Mis à part 6 mois de travail à Los Angeles l’année suivante et un retour de 6 mois en France en 1999, je suis donc en Georgie depuis 17 ans.
D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant aux U.S.A. ?
En tant qu’étudiante et avec un budget limité, j’ai survécu un bon bout de temps grâce aux Ramen Noodles (no comments). Il m’a fallu du temps pour comprendre que si je ne finissais pas mon assiette, ce n’était pas mal poli. L’adaptation aux portions américaines fut un peu longue. Une fois entrée dans la vie active, peu de choses m’ont manqué. Atlanta offre l’avantage d’avoir de très nombreux restaurants, d’excellents chefs et une variété de cuisines incroyable grâce à la présence de fortes populations immigrées venant d’Asie, d’Amérique Latine, d’Europe et d’Afrique. Les Farmer’s Markets de Buford et Dekalb sont exceptionnels. Je trouve plus de choix en fruits et légumes qu’en France. Certes, pas de foie gras et de magret de canard au quotidien, mais mon alimentation a considérablement changé en 20 ans. Je mange beaucoup moins de fromage et de viande, et les bonnes choses du sud-ouest sont maintenant réservées à mes retours en France (et elles n’en prennent que davantage de saveur). Donc rien de bien difficile, je me suis adaptée.
Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?
Je me rends dans plusieurs magasins en fonction des besoins : Whole Foods, Trader Joe’s, Kroger et Publix de temps en temps, et le Buford Farmer’s Market où j’achète tous mes produits frais. J’ai aussi une carte à Costco, mais j’y achète peu de produits alimentaires. Les produits découverts aux USA (mais pour certains disponibles en France) dont je ne peux plus me passer : le kale que j’aime préparer en salade avec une sauce au gingembre, le butternut squash que je ne mangeais pas avant en France, les délicieuses amandes recouvertes de chocolat et de sel de Trader Joe’s (et que je ramène en France pour des amis et la famille), les cheesecakes (en modération, mais j’adore), les glaces de Bruster’s, les panais que j’aime énormément cuisiner, les acorn squash (farcis au four), les Reese’s pieces, les sweet potatoes dont je ne me lasse jamais, et tant d’autres…
Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France ?
Bon, je sais que ce n’est pas autorisé, mais j’ai souvent ramené du foie gras fait maison de France et je ne me suis jamais faite coincée. Cela fait deux ans que je ne l’ai pas fait car j’ai remarqué qu’il y a de plus en plus de chiens furetant aux douanes d’Atlanta…
Sinon je ramène à chaque fois des confitures faites maison de ma mère (figues/noix, citron/pastèque, fruits rouges, roses - du jardin-, j’ai une maman connue et reconnue pour son talent et sa passion des confitures), beaucoup de chocolat (bien que je sois à présent Américaine, je n’ai toujours absolument aucune appréciation pour le chocolat Hershey que je trouve immangeable), des tartelettes Bonne Maman au chocolat au lait et sel, des galettes et des palets bretons, de la moutarde en grains, des pâtes feuilletées (que je mets immédiatement au congélateur en arrivant). Se glissent parfois d’autres friandises (toujours très appréciées de mes amis américains) et autres spécialités françaises (saucisson…). A Noël se rajoutent les chocolats, truffes et orangettes de ma mère faits maisons qui sont divins et qui sont attendus également par mon social circle à Atlanta. Je limite depuis quelques années, mais il fut un temps où j’avais plus de 20 kg de nourriture dans les valises… ! (et un miracle, la seule chose qui m’ait jamais été confisquée furent des graines de tulipes achetées à l’aéroport d’Amsterdam). J’apprécie pouvoir ramener tout cela, mais si cela n’était pas possible je pourrais tout de même survivre sans.
Un mot pour finir ?
Je tiens à remercier Estelle pour son blog. J’aime beaucoup lire ses expériences culinaires et j’essaye ses recettes régulièrement. Plusieurs figurent dans les plats que je cuisine le plus souvent pour les amis. J’ai imprimé il y a des années de cela son petit guide de survie alimentaire aux Etats-Unis. Il m’est extrêmement utile et c’est la première chose que j’ai envoyée à une de mes cousines quand elle a déménagé avec son époux et leurs 4 enfants de Paris à San Francisco. Et puis un énorme merci pour ta disponibilité Estelle. A deux reprises je me suis permise d’envoyer un email avec une question et j’ai beaucoup apprécié le fait que tu répondes aussi gentiment (et rapidement en plus !).
Oh, Blandine, tu me fais rougir ! Merci à toi de t'être livrée au jeu de l'interview, tes valises de 20 kilos remplies de gourmandises me font rêver, je regrette vraiment de ne pas vivre plus près de chez toi !! Au fait, tu trouveras les tartelettes Bonne Maman par ici...
Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ?
Je suis née à Lyon et y suis restée jusqu’à la fin de la première partie de mes études. Lyonnaise dans l’âme (les vacances se passaient été comme hiver à la montagne), mais avec du sang du sud-ouest qui coule dans les veines. Ma mère est du Tarn et mon frère, ma sœur et moi avons passé beaucoup de temps dans cette très belle région où nous continuons de nous rendre chaque année. J’ai été donc très influencée par la cuisine de ma mère et de ma grand-mère qui préparent tout à l’huile d’olive et à la graisse de canard. Ma famille maternelle fait elle-même ses foies gras chaque année (en grosse quantité). Parmi les souvenirs d’enfance figurent le saigneur qui venait à la ferme tuer le cochon, les bassines de sang dans le réfrigérateur pour faire le boudin, et les fouasses dont on s’empiffrait avec les cousins (et qu’on continue de dévorer quand on se retrouve chaque année à la ferme de ma grand-mère). Je suis ensuite partie pour Clermont-Ferrand et deux ans plus tard je me suis rendue à Georgia Tech pour achever mes études en 1997. Mis à part 6 mois de travail à Los Angeles l’année suivante et un retour de 6 mois en France en 1999, je suis donc en Georgie depuis 17 ans.
D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant aux U.S.A. ?
En tant qu’étudiante et avec un budget limité, j’ai survécu un bon bout de temps grâce aux Ramen Noodles (no comments). Il m’a fallu du temps pour comprendre que si je ne finissais pas mon assiette, ce n’était pas mal poli. L’adaptation aux portions américaines fut un peu longue. Une fois entrée dans la vie active, peu de choses m’ont manqué. Atlanta offre l’avantage d’avoir de très nombreux restaurants, d’excellents chefs et une variété de cuisines incroyable grâce à la présence de fortes populations immigrées venant d’Asie, d’Amérique Latine, d’Europe et d’Afrique. Les Farmer’s Markets de Buford et Dekalb sont exceptionnels. Je trouve plus de choix en fruits et légumes qu’en France. Certes, pas de foie gras et de magret de canard au quotidien, mais mon alimentation a considérablement changé en 20 ans. Je mange beaucoup moins de fromage et de viande, et les bonnes choses du sud-ouest sont maintenant réservées à mes retours en France (et elles n’en prennent que davantage de saveur). Donc rien de bien difficile, je me suis adaptée.
Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?
Je me rends dans plusieurs magasins en fonction des besoins : Whole Foods, Trader Joe’s, Kroger et Publix de temps en temps, et le Buford Farmer’s Market où j’achète tous mes produits frais. J’ai aussi une carte à Costco, mais j’y achète peu de produits alimentaires. Les produits découverts aux USA (mais pour certains disponibles en France) dont je ne peux plus me passer : le kale que j’aime préparer en salade avec une sauce au gingembre, le butternut squash que je ne mangeais pas avant en France, les délicieuses amandes recouvertes de chocolat et de sel de Trader Joe’s (et que je ramène en France pour des amis et la famille), les cheesecakes (en modération, mais j’adore), les glaces de Bruster’s, les panais que j’aime énormément cuisiner, les acorn squash (farcis au four), les Reese’s pieces, les sweet potatoes dont je ne me lasse jamais, et tant d’autres…
Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France ?
Bon, je sais que ce n’est pas autorisé, mais j’ai souvent ramené du foie gras fait maison de France et je ne me suis jamais faite coincée. Cela fait deux ans que je ne l’ai pas fait car j’ai remarqué qu’il y a de plus en plus de chiens furetant aux douanes d’Atlanta…
Sinon je ramène à chaque fois des confitures faites maison de ma mère (figues/noix, citron/pastèque, fruits rouges, roses - du jardin-, j’ai une maman connue et reconnue pour son talent et sa passion des confitures), beaucoup de chocolat (bien que je sois à présent Américaine, je n’ai toujours absolument aucune appréciation pour le chocolat Hershey que je trouve immangeable), des tartelettes Bonne Maman au chocolat au lait et sel, des galettes et des palets bretons, de la moutarde en grains, des pâtes feuilletées (que je mets immédiatement au congélateur en arrivant). Se glissent parfois d’autres friandises (toujours très appréciées de mes amis américains) et autres spécialités françaises (saucisson…). A Noël se rajoutent les chocolats, truffes et orangettes de ma mère faits maisons qui sont divins et qui sont attendus également par mon social circle à Atlanta. Je limite depuis quelques années, mais il fut un temps où j’avais plus de 20 kg de nourriture dans les valises… ! (et un miracle, la seule chose qui m’ait jamais été confisquée furent des graines de tulipes achetées à l’aéroport d’Amsterdam). J’apprécie pouvoir ramener tout cela, mais si cela n’était pas possible je pourrais tout de même survivre sans.
Un mot pour finir ?
Je tiens à remercier Estelle pour son blog. J’aime beaucoup lire ses expériences culinaires et j’essaye ses recettes régulièrement. Plusieurs figurent dans les plats que je cuisine le plus souvent pour les amis. J’ai imprimé il y a des années de cela son petit guide de survie alimentaire aux Etats-Unis. Il m’est extrêmement utile et c’est la première chose que j’ai envoyée à une de mes cousines quand elle a déménagé avec son époux et leurs 4 enfants de Paris à San Francisco. Et puis un énorme merci pour ta disponibilité Estelle. A deux reprises je me suis permise d’envoyer un email avec une question et j’ai beaucoup apprécié le fait que tu répondes aussi gentiment (et rapidement en plus !).
Oh, Blandine, tu me fais rougir ! Merci à toi de t'être livrée au jeu de l'interview, tes valises de 20 kilos remplies de gourmandises me font rêver, je regrette vraiment de ne pas vivre plus près de chez toi !! Au fait, tu trouveras les tartelettes Bonne Maman par ici...
Friday, August 15, 2014
Ce que contiennent vraiment les Sodas
Friday, August 1, 2014
A propos de l'auteur
Bonjour et bienvenue sur mon blog ! Je m'appelle Estelle, j'ai 38 ans et je vis aux Etats-Unis depuis juin 2002. Comme d'autres expats et immigrants français, j'ai ouvert ce blog pour rester en contact avec mes proches. Très vite, cet espace s’est transformé en un carnet gourmand où documenter mes recettes américaines et partager mes découvertes gourmandes dans ce fascinant pays. Mon blog a beaucoup changé depuis sa création en 2004 mais mon objectif est resté le même : partager mon quotidien et montrer qu'on peut très bien manger aux Etats-Unis. C'est ce qui m'a conduite à publier le Guide de survie alimentaire aux Etats-Unis, un livre décrit comme "le bouquin à offrir à un futur expat aux US" et que vous pourrez découvrir ici. Mon prochain projet ? 37 Chocolates ou comment démontrer en 37 dégustations qu'il existe de fabuleux chocolats américains. Plus d'info (en anglais) sur le blog 37 Chocolates.
Après 10 ans d'activité salariée dans une entreprise de progiciels de gestion, je me consacre à l'écriture culinaire pour la presse américaine (Crave Magazine et Edible Philly, entre autres) l'animation d'ateliers de dégustation autour du chocolat J'anime également trois groupes Facebook : Professionnels de l'alimentation aux Etats-Unis, Bons plans gourmands aux Etats-Unis et Je blogue donc je suis sur lequel je partage mes conseils pour lancer un blog et en promouvoir le contenu sur les réseaux sociaux. N'hésitez pas à me contactez par e-mail à estelle.tracy[at]gmail.com pour en savoir plus sur mes services.
Je vis aujourd'hui avec ma famille dans la Brandywine Valley, une superbe région située à moins d'une heure de Philadelphie où je mange merveilleusement bien. Lorsque je ne blogue pas, je partage mes bons plans et coups de coeur sur facebook, twitter et instagram.
Il n'y a pas de publicité sur ce blog. Notez cependant que je touche une comission sur les achats que vous effectuez sur Amazon si vous accédez au site via mon blog.
Bonne lecture !
I am originally from France, but I have lived in the US since June 2002. I keep enjoying all the good things this country has to offer, such as the King of Prussia mall, muffins, my husband Jonathan, and buttermilk pancakes. After browsing many (food) blogs, I thought that would actually be a good idea to have my own, so that I can keep in touch with the people I know in the country of smelly cheeses. Contact: estelle.tracy[at]gmail.com.
Après 10 ans d'activité salariée dans une entreprise de progiciels de gestion, je me consacre à l'écriture culinaire pour la presse américaine (Crave Magazine et Edible Philly, entre autres) l'animation d'ateliers de dégustation autour du chocolat J'anime également trois groupes Facebook : Professionnels de l'alimentation aux Etats-Unis, Bons plans gourmands aux Etats-Unis et Je blogue donc je suis sur lequel je partage mes conseils pour lancer un blog et en promouvoir le contenu sur les réseaux sociaux. N'hésitez pas à me contactez par e-mail à estelle.tracy[at]gmail.com pour en savoir plus sur mes services.
Je vis aujourd'hui avec ma famille dans la Brandywine Valley, une superbe région située à moins d'une heure de Philadelphie où je mange merveilleusement bien. Lorsque je ne blogue pas, je partage mes bons plans et coups de coeur sur facebook, twitter et instagram.
Il n'y a pas de publicité sur ce blog. Notez cependant que je touche une comission sur les achats que vous effectuez sur Amazon si vous accédez au site via mon blog.
Bonne lecture !
I am originally from France, but I have lived in the US since June 2002. I keep enjoying all the good things this country has to offer, such as the King of Prussia mall, muffins, my husband Jonathan, and buttermilk pancakes. After browsing many (food) blogs, I thought that would actually be a good idea to have my own, so that I can keep in touch with the people I know in the country of smelly cheeses. Contact: estelle.tracy[at]gmail.com.
Monday, July 28, 2014
La page des vacances
J'ai arrangé la pile de livres de poche en face du lit, à côté du grand sac en papier Pierre Hermé et d'une boîte Envouthé vide. Les deux numéros de Maison Victor sont dans le salon, sous une pile de magazines que je m'étais promis de lire dans l'avion. A la cuisine, une préparation Marlette pour galettes au sarrasin que je ne me résouds pas à extraire du paquet. En bas, j'ai gardé les coupons de tissu dans le sac blanc du magasin, bien à l'écart de ceux achetés ici. Les perles du Chouette Kit, elles, sont dans une Thé Box rose commandée l'an passé, j'essaie de les oublier pour connaitre le plaisir de plus tard les retrouver.
Ma tête est remplie de mille souvenirs et mon appareil photos d'autant de clichés à trier. J'ai très envie de vous parler de mes retrouvailles avec Sandrine et de ce smoothie que nous avons bu dans une petit parc ensoleillé du 5ème. Je veux vous parler des merveilleux thés de la maison Theodor, ceux que j'ai découverts avec Christie dans un nouveau salon de thé près du Bon Marché. Je pense aussi à cette incroyable gelato à la pistache, celle pour laquelle nous avons suivi Serge à travers Paris et que je n'ai pas voulu partager.
Seulement voilà.
Ecrire me permet de mettre de l'ordre dans mes idées et de passer à autre chose et je ne suis pas sûre d'être prête à quitter le cocon douillet de mes souvenirs.
Ma tête est remplie de mille souvenirs et mon appareil photos d'autant de clichés à trier. J'ai très envie de vous parler de mes retrouvailles avec Sandrine et de ce smoothie que nous avons bu dans une petit parc ensoleillé du 5ème. Je veux vous parler des merveilleux thés de la maison Theodor, ceux que j'ai découverts avec Christie dans un nouveau salon de thé près du Bon Marché. Je pense aussi à cette incroyable gelato à la pistache, celle pour laquelle nous avons suivi Serge à travers Paris et que je n'ai pas voulu partager.
Seulement voilà.
Ecrire me permet de mettre de l'ordre dans mes idées et de passer à autre chose et je ne suis pas sûre d'être prête à quitter le cocon douillet de mes souvenirs.
Wednesday, June 25, 2014
Une histoire con...
C’est une histoire comme une autre. Une histoire d’amour je crois. C’est toujours une histoire d’amour. Au moins au début. Une histoire trop courte.
Avant, je ne savais pas. J’avais déjà dit « je t’aime » et des millions de fois. Mais je ne savais pas. Je ne savais pas à quel point ça pouvait tuer, à quel point ça pouvait bruler. Je suis brulée. Chaque centimètre carré de mon corps est à vif. Mon corps est rouge, écarlate, cramoisi, calciné. Plus je m’allonge contre lui, plus je crame. Ces mains que j’oublie, ces lèvres qui manquent, ces regards absents.
Je l’aime. C’est tout con, dit comme ça. Mais c’est tout con, de toute façon. Je l’aime. Je l’aime plus que je m’aime. Je l’ai aimé plus que je me suis aimé.
Je ne sais pas si les détails comptent. Mais les détails, c’est tout ce qui me reste. Des souvenirs, par kilo. Ces souvenirs qui me serrent les tripes, qui me retournent le bide. Se souvenir jusqu’à gerber. Se souvenir jusqu’à détester. Je me souviens de leurs prénoms. Je me souviens des mensonges. Je me souviens de mes hurlements. Je me souviens de mon reflet dans le miroir. De mes mains qui tremblent. Les souvenirs et les pardons.
On ne pardonne jamais par choix, par volonté d’oublier ou parce que finalement, ce n’est pas si grave.
J’ai prétendu que je pouvais oublier, que je pouvais comprendre, que je pouvais ne plus y penser. J’ai prétendu que mes erreurs à moi étaient moins graves.
On ne sera peut-être pas d’accord sur tout ce que j’écris. Mais c’est moi qui raconte ! C’est mon histoire, mes souvenirs.
Au début, c’est beau. Même pas en fait. Un début qui ressemble à une fin.
On se venge, on se quitte, on s’aime. Mal.
On se ment, on se fuit, on s’oublie. On s’aime. Mal.
Mais on s’aime.
On se le promet, pour le meilleur et pour le pire. Le pire, on ne sait pas.
Le pire, c'est maintenant. On n’y arrive pas. On ne se comprend pas, on ne s’écoute pas.
Les souvenirs restent. Ce que j’ai promis d’oublier me torture. Je suis sure de rien. J’ai peur de tout. Je voudrais y croire. Je rêve de tranquillité, de paix, de douceur. Mais je crame, petit à petit. Je perds des lambeaux de peau. Chaque seconde est un sacrifice. Je ne peux plus rester calme.
Mais on s’aime. Passionnément. Incroyablement.
Incroyablement mal.
Mais si c’était ça l’important ? Si c’était juste l’Amour, l’essentiel ?
Petit à petit, on s’enlise dans un quotidien semé de désaccords et de déceptions. On oublie de s’aimer. Surtout de se le montrer.
Et puis les cris, les disputes, les larmes. Je l’aime autant que je le déteste. Je n’existe plus. S’il ne m’aime plus, je n’existe plus. S’il ne m’aime plus, je me souviens. Je ne veux pas me souvenir.
Et puis le silence.
Et puis...
Rien.
On ne se parle plus. Ni avec des mots, ni avec nos corps. On ne se regarde plus. C’est trop tard. C’est plus qu’une question de temps. Je n’ai pas peur de la fin. Elle me soulagerait presque. Rien ne marche. Tout foire. Je l’ai perdu. Jour après jour, je le perds. Et je fais des erreurs. Encore.
Mais je l’aime. Inévitablement. Inexorablement.
Jusqu’au bout, je veux rester. Je veux le retrouver. Je voudrais essayer. Je n’ai presque plus de force. Lui non plus.
Quand je m’allonge à côté de lui, quand il dort, je me colle. Je fais semblant. Je me persuade qu’il me serre dans ses bras, qu’il aime me sentir contre lui. Qu’on est heureux.
Quand je regarde nos photos, je fais semblant. Je me persuade que ces sourires ne sont pas perdus. Qu’on est heureux.
Quand je ferme les yeux, je le revois me fixer. « Arrête de me regarder ! » je lui disais. Ca fait bien longtemps qu’il ne me voit plus. Qu’on est heureux.
Il devient un inconnu. Je me surprends à penser que cet homme-là, je ne l’aurais pas épousé. J’essaye encore. Pas lui. Les déceptions s’enchainent.
Je voudrais qu’il me supplie, à genoux. Je voudrais qu’il me rassure. Je voudrais oublier. Je voudrais qu’on s’aime. Je voudrais être sure que j’ai compté.
Je ne savais pas. Je ne voulais pas. J’ai mal. Physiquement.
C’est une histoire con. Une histoire qui nous bouffe.
J’ai fait semblant, trop souvent, que je pouvais partir, sans me retourner. J’ai crié, très fort, que cette fois c’était terminé. J’ai prétendu que je m’en foutais, que j’en pouvais plus, qu’il n’était pas le seul mec sur terre.
Mais je n’ai jamais vraiment osé croire que cette histoire pouvait s’arrêter. Mais si, ça peut s’arrêter.
Comme ça, aussi rapidement qu’un claquement de doigt. Mettre 3 pulls et quelques pantalons dans des valises. Ranger les souvenirs. Garder ce qu’on aimerait jeter, pour oublier. Le garder pour Lou, car c’est important qu’elle sache que l’on s’est aimé, très fort, malgré tout.
Lui, c’est moi. Il est entré, un jour, dans mon corps et n’en est plus jamais sorti. Je le retiens de toutes mes forces. Je le retiens de mes mains cloquées. Il est ma respiration, mes battements de cœur, mes envies, ma force.
Je l’aime, c’est tout con. Je l’aime à pleurer de rage quand il me passe à côté sans m’apercevoir. Je l’aime à en avoir envie de crever devant tant d’indifférence. Je l’aime à hurler de colère quand je comprends que cette que cette fin, il l’envisage. Je l’envisage aussi maintenant.
Je l’envisage même carrément, au fur et à mesure que je rempli mes valises de nos souvenirs. Et même que je respire bien de nouveau.
Par contre, cette fois, je ne garde que les bons. Ceux qui ont fait de moi ce que je suis. Ceux qui ont fait de Lou notre fille.
Je l’aime. J’aime l’aimer. J’ai aimé l’aimer.
On s’est aimé, très fort. On s’est tout donné.
Certaines promesses ne seront pas tenue, d’autres ont été carrément piétinées.
Mais il y en a une, qu’on s’est faite il y a presque un an, que l’on tiendra. Celle d’aimer Lou, de toujours la faire passer en 1er et de la protéger de la stupidité des adultes ! On restera unis et soudés, pour elle, envers et contre tout. On sera à jamais SES parents et, à chaque fois qu’on la regardera, on se souviendra. Il faut se souvenir.
Je suis fière qu’on se soit suffisamment aimé pour donner naissance à notre fille. Je suis fière que cette enfant soit le fruit de cet amour. Il n’y a pas de règles en amour, alors on ne pourra pas nous reprocher de nous être mal aimé. Peut-être juste de ne pas avoir essayé.
Et puis, et puis…
Le fin, c'est ça aussi...
C'est parler au passé, c'est le dire aux gens, c'est raconter encore pourquoi. C'est oublier pourquoi.
C'est s'entendre dire que c'est trop bête. Que c'est dommage. Sans déc...
C'est s'empêcher de l'embrasser, de le toucher. C'est contrôler nos instincts, nos habitudes. C'est mettre un mouchoir sur nos envies.
C'est tous ces voyages qu’on ne fera pas. Tous ces rires qu’on ne partagera plus.
Ces matins où mes yeux vont le chercher. Ces nuits où mes mains se perdront et tomberont dans le vide.
Ces lèvres, désormais orphelines. Mon corps tout entier est orphelin.
J’ai tellement voulu y croire, toutes ces années, que j’ai fini par me persuader que nous étions indestructibles. Insubmersibles.
Je le chercherais longtemps dans mon sommeil, je chercherais longtemps ce corps dont il faut que je me déshabitue. Ce corps que je connais par cœur. Je l’ai aimé comme on aime une seule fois. Et je garde avec moi la fierté de pouvoir dire « oui, je sais ce que c’est d’aimer ».
Maintenant, je dois apprendre à être moi. Moi sans lui, je n’existe pas vraiment.
Il va donc falloir que je me retrouve puisque j’étais perdue, bien cachée quelque part sous sa peau.
« Ce qui ne me tue pas, me rend têtue », c’est ce qu’il m’a dit, un 12 mai d’une belle année. C’est vrai. Je serais assez têtue pour être heureuse.
Le fin, c'est aussi être sure de ne rien oublier, regarder encore et encore dans les moindres recoins de notre...de son...appartement. C'est réfléchir vite, parce que si ça dure trop longtemps, ça fera encore plus mal.
C'est quitter un homme, son homme, son tout. Quitter un ami, un frère. C'est quitter un pays, une langue, une culture. C'est quitter une part de moi, c'est perdre 6 ans. C'est sauver ces 6 ans. C'est se convaincre que c'est pour ne pas se déchirer.
C'est quitter une bague, et la ranger très au fond d'une trousse de toilette. C'est ranger ces albums photos, très au fond des valises. Ranger notre rancœur, très au fond de notre cœur pour ne garder que le meilleur.
C'est retrouver son sourire dans celui de Lou et se sentir bien. C'est savoir que ça ira. Parce que oui, ça ira.
Je l’aimerais à travers Lou, jusqu’à la fin. Et à Lou, je lui dirais la vérité.
Que c’était une histoire d’amour.
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