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Sunday, November 30, 2014

Le four banal de « ammi djilali » de zelboun

LE FOUR BANAL DE « AMMI  DJILALI »
DE ZELBOUN

Extrait du livre «Composition française» du Pr.  GHELLAI RAMDANE


Dans mon village Zelboun, en allant au four banal « Ammi Djilali », une maison y est sise juste à côté, bâtie en pierres et en terre glaise. Son édification remonte à une époque très ancienne. Certes, elle a subi de nombreuses modifications par suite des propriétaires qui s’y sont succédé. Son issue donne sur un cul de sac rocailleux menant à plusieurs encablures du village. Elle fait partie, d’un bloc de maisons toutes anciennes, où du haut surplombe une jolie mosquée au haut minaret majestueux de couleur ocre. De nos jours, elle demeure inhabitée et abandonnée.


Chaque fois que je me rends au four, emportant sur ma tête un plateau contenant de larges galettes de pain de blé à faire cuire, je côtoie cet ancien édifice occupant une grande aire. Son toit est recouvert de poutres en bois et de roseaux enchevêtrés sur lesquels est répandue une grosse couche d’argile ternie par les mâchoires du temps. Ses murs extérieurs badigeonnés à la chaux sont lézardés, un peu bombés, prêts à s’effondrer et présentant un grand risque. Dès qu’il pleut, il se forme des flaques d’eau ainsi que des crevasses par-ci, par-là. Des graminées y poussent entre les dalles. Son seuil est recouvert de cailloux polis par les eaux. Une large porte à la peinture écaillée, demeure de nos jours mi-ouverte et coincée parmi le sol, laissant filtrer par ses interstices des rayons. Un joli heurtoir en acier rouillé à l’effigie d’une main l’enjolive.


En y passant par-là, une odeur d’ombre fraîche me chatouille les narines car, dans l’un de ses pans de murs un figuier y a poussé en répandant ses branches vers l’extérieur ombrageant par moments la rue. Qu’il est bon de s’y asseoir pour savourer un moment de repos et de calme. Chaque fois que mes pas me conduisent à ces alentours, je m’arrête immanquablement à leur passage ; alors je remonte le temps à la recherche des traces des anciens Chouyoukh du village qui y ont fièrement vécu et dont leur voix résonne encore dans mes oreilles et leurs us et coutumes défilent sous mes yeux.


Ah ! Qu’elle a été belle et charmante cette époque. Et si un jour, elle se met à nous raconter…Avec une boule de mélancolie à la gorge.

Mr Ramadane GHELLAI est professeur d’enseignement moyen depuis 35 années, Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, on cite surtout :


«PÉDAGOGIE DU RATTRAPAGE»
Surmonter les difficultés en Français Stratégies et activités. A l’usage des enseignants de la langue française (Dar-el-gharb – Oran 2007).


«COMPOSITION FRANÇAISE»
Ouvrage destiné aux élèves de tous les niveaux. (Editions IBN Khaldoun –Tlemcen 2010).



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Tuesday, April 1, 2014

Zelboun : mon village natale


ZELBOUN : MON VILLAGE NATAL


Zelboun est un village de la commune de Beni-Mester, dans la wilaya de Tlemcen, situé à 800 mètre d’altitude dans le mont Asfour. Il est le plus peuplé des villages d’Algérie avec 13.000 habitants et occupe une superficie de 10 km2 soit 05 fois plus grand que Monaco.


Zelboun est un village berbère né à la fin du 14° siècle. Les activités principales de ses habitants étaient l’agriculture et l’élevage des ovins et des bovins. Durant la période coloniale et avec l’inauguration de l’école, vers la fin du 18° siècle, beaucoup se sont intéressés aux études, ce qui a permis aux habitants de comprendre ce qui se passait en Algérie, une résistance alors s’était organisée pour lutter contre le colonialisme et beaucoup de martyrs tombèrent au champ d’honneur pour laisser un grand nombre d’orphelins.


Après l’indépendance, plus de 50% des habitants se sont émigrés en France dans le but de subvenir aux besoins de leurs familles. Le reste s’occupait de l’agriculture et des études des enfants. Les habitants de Zelboun sont des conservateurs et leurs traditions se présentent sous forme d’une combinaison de celles des berbères et celles de Tlemcen. Ils sont très hospitaliers et très accueillants. ils forment pratiquement une seule famille du moment que le choix de la mariée ne dépassait pas la frontière du village.
Les zelbounis sont très solidaires entre eux dans les moments de joie comme les mariages, les fêtes de l’Aïd, le Ramadhan ; mais aussi dans les moments difficiles comme la période du mauvais temps et les décès.


Jadis, Zelboun vivait un grand bonheur dans une grande misère. L’ambiance devait être créée : je me souviens qu’un classico de football était organisé chaque week-end, dans le stade situé dans les hauteurs du village (foug el djorf) entre les équipes du WAZ : Widad de Zelboun « qui représentait zelboun sud comme le  quartier de Baba Djemmouaa avec Séhouli   Abderrahmane qui vit au Canada  actuellement,  où le défunt Saadi bachir (allah yerhmou) ou encore Mebrak Omar et Zaoui Abbes du côté de Sidi-Brahim …. » ; et du MCZ : Mouloudia de Zelboun « qui représentait zelboun nord comme le quartier  de Rouss el Msarah qui me rappelle d’ailleurs le feuilleton célèbre « la petite maison dans la prairie », avec les frères Boukhiar (Abbes et Hassan) Bessaid Abdelhafid, Drici Ghouti, Djemaoun Boughrara … toute la jeunesse devait assister au match qui se déroulait dans une ambiance exemplaire, la victoire n’est autre que cette ambiance. Après le match, c’était le moment de déguster l’eau d’Ain el Kbira « la grande source », ce trésor naturel qui alimente tout le village sans arrêt et qui représente son poumon.


La fête du Mawlid (la naissance du prophète SLS), occupait une grande place dans les cœurs des zelbounis : 15 jours de fête : pendant que les jeunes filles chantaient les soirs, les garçons allumaient des torchons et se déguisaient en indien, les mères quant à elles préparaient tous les plats traditionnels de sfenje (beignet arabe) au thrid et mchahed en passant par tarechta et el belboul. Les pères, dans un coin de la rue, entouraient une petite table de trois pieds « taifour » garni de thé, de café ... et discutaient ou jouaient aux cartes.


L’évènement le plus attendu était sans doute les vacances d’été, au cours desquelles les zelbounis de France rejoignaient ceux de l’Algérie et donc bonjour les mariages et l’ambiance. On assistait à un mouvement inhabituel des habitants : on préparait les fêtes de mariages qui duraient plus de 15 jours. L’avant dernière journée est marqué par l’avènement d’un groupe de musique moderne ou folklorique qui va chanter au centre de Zelboun « la Mahma », toute la population est là, d’un côté il y a les femmes et de l’autre il y a les hommes. La soirée est animée par ce qu’on appelle le « berrah » ou le crieur annonceur qui transmettait les messages des spectateurs contre de l’argent. Vers la fin de la soirée, toutes les poches sont vides.


Non loin de la Mahma, se trouvait l’école coranique de « Si Abderrahmane » allah yerhmou, un maître d’enseignement du coran et de la discipline. Il se donnait à fond en compagnie de « Si Ahmed, Si Benachour, Si Mohammed, Si El Bachir et Si Mustapha», les notables du village. Tout juste à côté, il y avait le café de Hayani, célèbre par la cuisson du café ou du thé sur les braises. Dans ce même café, les vieux se rasaient les cheveux pendant que d’autres fabriquaient des selles avec du alfa (halfa). A 100 mètres se trouvait le Hammam historique d’Oued Miloud construit vers 1920 et qui fonctionnait par la combustion du bois. Il était célèbre aussi par des histoires mythiques comme par exemple on disait que des diables le fréquentaient.  Un peu plus haut, « la Madrassa » édifice construit par la cotisation et la sueur des zelbounis et devant, deux grands dattiers qui attiraient la foule pendant l’été. Cet endroit servait de détente et de loisirs aux jeunes comme la fameuse « Damma ». en face un grand et vieux cimetière témoignant que notre village ne date pas d’aujourd'hui.  On ne peut oublier les fours traditionnels de « ami djilali ou ami El Hadj Aliane » et les foules de jeunes filles qui l’entraînaient, c’était les lieux idéaux pour choisir la future mariée.
Au nord, on trouve la gare ferroviaire qui date depuis la fin du 18° siècle, au centre, l’école primaire et maternelle, aujourd’hui devenue « la poste du village », au dos on trouve le marabout Sidi-Brahim, c’est l’endroit où, est organisée la « Waada », une sorte de fête du village.


Zelboun a toujours souffert du transport. Avant 1980, pour aller étudier à Tlemcen, il fallait se lever à 04 heures du matin pour trouver du transport, généralement des clandestins ou des transporteurs de marchandises. On n’avait pas le choix, beaucoup ont voyagé à coté des moutons. Après le dernier cours de la semaine, le retour au village doit se faire à pieds (12 km) pour économiser les 02 DA le prix du transport par bus. Le week-end je retrouvais mes "amis frères" les Boukhiars pour passer de  bons moments à jouer au scrabble autour d'un thé, ou mes amis les Bessaid pour aller jouer un petit peu de guitare. On s’amusait à chanter des chansons de Beatles, de Paul Simon, de Cat Stevens ou encore de Georges Moustaki.
Je me souviens quand j’étais petit, nos aînés, n’arrêtaient pas de bouquiner : toutes les série de « Chase » ou encore des romans comme les trois mousquetaires,… tout ce qu’il y avait ; la télé on n’entendait même pas parler. La radio amateur existait à Zelboun, et était représentée par Mohammed Boukhiar et Boucif Labdelli, d’ailleurs les seuls radioamateurs dans la wilaya de Tlemcen jusqu’à présent, ce qui faisait connaitre Zelboun dans le monde entier.


La sécurité à Zelboun était un modèle. Les portes des maisons ne se fermaient que pendant la nuit. On n’entendait jamais parler du vol. il y avait un seul garde champêtre efficace et qui contrôlait tout. Il y avait aussi les parents, les maîtres d’écoles et les notables qui collaboraient efficacement.


A la fin de cet article je tiens à rendre un grand hommage à tous les martyrs de Zelboun et à ses défunts : qu’ils soient nos parents, nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos voisins ou nos amis Allah yerhamhoum.
Je rends aussi un vibrant hommage à tous les enseignants qui sont passés par l’école de Zelboun : c’est grâce à ces gens-là que nous avions appris à nous construire et à devenir des citoyens, certains d’entre eux sont éternels dans nos têtes, je citerai Ghellai Belkacem (Allah yerhmou), Boudjemâa Si Benamar, Boukhiar Miloud dit « El Mahi », Boukhiar Mohamed ould Okkacha, Amimer Hocine, Mendli, Mansri, Bakhta (enseignante de français), Benabdellah Omar ould Bentas (Allah yerhmou)  ainsi que les directeurs Monsieur Kasmi et Monsieur Sbih.


Mes hommages vont aussi à l’encontre de ces zelbounis qui ont marqué l’histoire du village aussi, hormis les enseignants de l’école coranique et les enseignants suscités, je citerai : Tahar le chef de gare, Amimer Okkacha l’infirmier du village, ma grand-mère paternelle Neggaz Mériem la sagefemme du village, El Kébir ould Mohamed el Fkir le traumatologue du village, Rachid le chef champêtre, Sahouli Boucif et Benabdellah ould Mhammed les maçons du village, Si-Benamar le menuisier, Benamar ould Rnouss le transporteur de marchandises, les épiciers Lakhdar Messaoud – Mohamed ould Rnouss – Si Boughrara – Ould Kouider Boudjemâa – Ould El Mkaddem – Amimer Omar dit El kerfa,  Benkada et Mouh Essghaier les bouchers, Ould Mrah le forgeron, Ouled Edabloun Ghellai les boulangers du village, Benayed Abdessem père de Mourad l’électricien du village, Mohamed oud Bellebouche le marchand ambulant du village, le facteur Abdou … Allah yerham li mato et longue vie à ceux qui sont vivants.

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Saturday, November 10, 2012

La fabrication du gâteau traditionnel "el kaak" à zelboun

  
LA FABRICATION DU GATEAU TRADITIONNEL "EL KAAK" A ZELBOUN


Extrait du livre «Composition française» de GHELLAI RAMDANE


C’est vrai, ces dernières années, une très bonne activité s’est implantée dans le milieu de Zelboun, ce petit beau village. Il s’agit de la confection du « kaak ». Ce gâteau traditionnel très prisé d’une part des villageois et d’autre part des Tlemcéniens qui se déplacent en grand nombre à plus de 15 kilomètres pour s’en approvisionner. Y réside-t-il un mystère ?


Si l’on en juge, c’est surtout la qualité de sa fabrication dénotant des « tours de main du métier » qui incite davantage à la demande. Fabriqué avec doigté, sous forme de petit cercle atteignant un diamètre de 10 centimètres, ce « Kaak » est très léger, tendre et friable. A peine le saisit-on entre les doigts, qu’une odeur agréable, suave s’en dégage pour venir chatouiller les narines. Il est surtout servi au café préparé par les grands- mères, au thé ; et parfois c’est comme ça que l’on aime grignoter en se procurant un grand plaisir. Dès qu’on le plonge dans une boisson tel que le café, vite il l’absorbe si bien qu’il se ramollit donnant un grand appétit. Son goût est agréable à tel point qu’on a envie d’en prendre à tout moment. Sa couleur dorée tend vers la celle du faux bois. Sa confection consiste, une fois la pâte levée, à le couper en bouts, à le relier en y laissant une empreinte. Il est commercialisé dans des sachets de 1kilogramme, portant une étiquette blanche.


Ce noble métier draine nombre de familles et fait occuper de jeunes filles qui, dans ce « job » éprouvent un bon passe-temps et tirent un gain d’argent tant mérité par leur sueur qui s’en est coulée.

Mr Ramadane GHELLAI est professeur d’enseignement moyen depuis 35 ans, Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, on cite :


PEDAGOGIE DU RATTRAPAGE
Surmonter les difficultés en Français : Stratégies et activités, à l’usage des enseignants de la langue Française (Dar-el-gharb – Oran 2007)
  COMPOSITION FRANCAISE 
Ouvrage destiné aux élèves de tous les niveaux (Editions IBN Khaldoun –Tlemcen 2010)

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