Wednesday, November 13, 2013

Quand de simples croyances populaires deviennent les clés de l’Education.



Il y a des phrases récurrentes. Répétées inlassablement, à chacun de nos gestes, à chacune de nos intuitions. Des avertissements, des recommandations, des conseils. Toujours accompagnés d'un regard réprobateur et d'un sourire qui condamne. Elles sont nées d'une société dirigée par la consommation de masse, de doctrines anciennes et non vérifiées, de certains personnels de santé mal formés et peu informés, d'enquêtes très sérieuses sponsorisées par des marques de couches ou de lait en poudre. Elles survivent grâce à la croyance populaire. Elles sont devenues les diktats d'une éducation où l'instinct maternel, la nature de l'enfant et ses besoins fondamentaux sont laissés pour compte et annihiler.
 
Décryptage détaillé, en deux partie, de ces conseils hasardeux et injustifiés, entre opinion personnelle, expérience et véritables recherches.




Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.

J. Salomé - Papa, maman, écoutez-moi vraiment


PARTIE 1 :

                - « Laisse pleurer bébé »
Et ses variantes : « Il a besoin de pleurer », « Tu ne peux pas accourir dès qu’il pleure, faut qu’il apprenne la vie » « Faut le laisser pleurer, tu n’es pas son esclave » « Si tu viens à chaque fois qu’il pleure, tu es foutu, il aura gagné »
C’est la première phrase que tu entends à la naissance de bébé, juste après les félicitations d’usage.  Le 1erbon conseil qu’encore trop de gens appliquent. Entendu à la télé, lu dans des magazines, préconisé par des amis. Dit et répété par presque toutes les personnes de ton entourage, déjà parents ou pas. Répété encore et encore, sans en saisir réellement le sens, sans même se demander l’impact scientifique et émotionnel que cela provoque. Car oui, c’est loin d’être sans risque, à court comme à long terme. Quand Lou-les-grosses-joues est née, j’ai aussi reçu cette recommandation. Je n’ai jamais eu de réponse fondée quand je demandais « Mais pourquoi faut-il que je la laisse pleurer? Je suis sa mère, ne devrais-je pas répondre à ces besoins, qu’ils soient vitaux ou affectif ? ». On m’encourageait à ne pas me laisser faire ( ?), on m’assurait, par expérience, par on-dit, que c’était la seule façon de la rendre autonome, que je ne lui rendais pas service à la prenant dans mes bras chaque fois qu’elle pleurait. Ce mythe est si encré dans nos croyances populaires qu’il est quasi impossible de s’en défaire et de convaincre que non, laisser pleurer un bébé n’a jamais été bénéfique pour lui et ne lui a jamais fait du bien. Jamais. Ce n’est pas un moyen de l’autonomiser ou de l’aider à le rendre plus dépendant ! Tout le contraire.  

John Bowlby, psychiatre et psychanalyste anglais est célèbre pour ses travaux sur l'Attachement dans la relation mère-enfant. Il explique dans le volume 1 de son livre « Attachement et perte » que plus l’enfant se sent rassuré, consolé, cajolé et aimé, plus il a confiance en lui, plus il s’ouvre au monde et acquiert en autonomie rapidement. « Dans nos sociétés actuelles, on cherche à séparer  le plus vite possible le corps du bébé de celui de sa mère, sous prétexte de favoriser son autonomie. Dans la plupart des cultures traditionnelles, il est rare d’entendre les bébés pleurer : on répond systématiquement aux pleurs. Laisser pleurer un bébé est considéré comme cruel. » (Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Ne pleure plus, bébé). Noussommes les victimes d’une prétentieuse supériorité, qui nous vantons de vivre dans un pays sur développé, tout en continuant d’utiliser des méthodes barbares et dépassées. Tenter de dresser un petit être sans essayer de le comprendre en refoulant notre propre instinct n’aident pas à mieux vivre notre parentalité. Car l’Instinct (Ensemble des comportements animaux ou humains, caractéristiques d'une espèce, transmis par voie génétique et qui s'exprime en l'absence d'apprentissage.) ne nous dicte EN AUCUN CAS de laisser pleurer notre bébé. Notre Instinct sait qu’il n’y a rien de naturel dans ce comportement. Notre espèce ne s’est séparée du bébé que parce que, tout d’un coup, au XIXème siècle, la société de consommation a décidé qu’il fallait laisser notre enfant allongé à plat, loin de notre corps, de notre chaleur, de notre odeur, une grande partie de la journée et toute la nuit, pour mieux nous vendre poussette, transat, parc, tapis d’éveil, berceau. Et bien sûr, comme ça ne convient pas à l’enfant ni physiologiquement, ni émotionnellement, il pleure. On nous a donc persuadé qu’il fallait laisser le pleurer, pour l’éduquer, le contrôler, lui apprendre. « Il est bien préférable de le laisser couché et, sans pitié pour ses cris, de ne pas lui donner la déplorable habitude de l’avoir tout le temps sur les bras » (Dr Rehm, Nouvelle encyclopédie pratique de médecine et d’hygiène, 1922) 

Depuis, malheureusement, ces diktats arriérés sont encore dans la tête de beaucoup trop de parents. « Laisse-le pleurer » c’est aussi et surtout LA phrase préférée des gens qui tente de se déculpabiliser pour continuer à vivre leur vie d’avant. Car il ne faut pas, n’est-ce pas, devenir « l’esclave » de notre enfant. Il ne faut pas se laisser faire. Il ne faut pas se faire manipuler, par ce petit être vil et pervers qu’est notre enfant. Mais finalement, pourquoi faire un enfant, s’il est inconcevable pour nous de bouleverser son quotidien, d’accepter de changer ses priorités, de se rendre compte que nous parlons simplement d’une vie humaine ? Une vie humaine qui débarque sur cette Terre qu’il ne connait pas. Une vie humaine qui passe de l’obscurité à la lumière, d’un contour a du vide, de la chaleur constante aux changements de température, de l’eau à l’air. Qui découvre la faim, la douleur, le bruit, la peur et tout ça en même temps. Qui est dépendant, totalement et absolument de sa mère et de son père. « Il y a une période, s’étalant sur près d’un an, qu’on peut qualifier de grossesse hors utérus (fœtus ex utero), où le développement des systèmes nerveux, digestif, immunitaire, etc., se poursuit et où le bébé est complètement dépendant de l’adulte pour sa survie et son bien-être. » Le bébé à un seuil de tolérance au stress presque nul. Un rien l’angoisse. Eduard Punset, le confirme dans son livre « El viaje a la felicidad : las nuevas claves cientificas » (Le voyage du bonheur : les nouvelles clés scientifiques): Ce qui est sûr, c’est que les bébés ne peuvent absolument pas gérer leur stress. Ils ne peuvent pas se défaire de leur propre cortisol, comme nous les adultes. Pour eux, c’est leur survie qui est en jeu ! 

S’il pleure, ce n’est jamais pour rien. Ce n’est jamais bon. Pourquoi refuser le réconfort de nos bras, de notre corps ? Pourquoi avoir si peur de son propre enfant ? Carlos Gonzalez, pédiatre espagnol, dans son très bon livre« Besame mucho » (Embrasse-moi beaucoup, qui vient de sortir en France sous le titre de « Serre-moi fort ») ironise très bien la réalité : « Depuis des siècles, médecins, éducateurs et parents ont souvent, consciemment ou non, une vision très négative de l’enfant. Car nos enfants sont, semble-t-il, nos ennemis. Ils s’opposent à nous sans raison, multiplient les caprices, cherchent à n’en faire qu’à leur tête, à nous dominer, à nous écraser. Il convient donc d’extirper le mal à la racine (…) faute de quoi ces tyrans en herbe deviendront incontrôlables ! » Ce bébé agit, lui,  par instinct et quand il se sent en détresse physiologique ou émotionnelle, il pleure. Le jour, la nuit, même quand il est propre, même quand il a mangé. Le laisser pleurer, en se disant qu’il n’a pas de raison de pleurer car chacun de ses besoins sont satisfaits c’est encore très prétentieux. C’est surtout minimiser son importance et croire qu’il a juste besoin de dormir, de manger et d’être propre. L’amour, on verra après. Quand on aura le temps.

L’AAIMH (Association Australienne pour la Santé Mentale Infantile) assure que ces pratiques ne correspondent pas aux besoins émotion­nels et psychologiques des jeunes enfants, et qu’elles peuvent avoir des conséquences négatives à long terme sur leur santé psychologique. Ce qu’il se passe les premières années dans la vie d’un bébé, laisse une marque pour toujours. « Les parents doivent savoir qu’en laissant pleurer leurs enfants sans leur accorder d’attention, ils peuvent provoquer chez lui des dommages à long terme. Le système nerveux de l’enfant deviendra anormalement sensible aux traumatismes et aura pour principal résultat de fabriquer des adultes stressés et anxieux. (Havard University). Dans son ouvrage, « Un enfant heureux », le professeur Margot Sunderland qui travaille au Centre for Child Mental Health de Londres, s’appuie sur TOUTES les recherches récentes en matière de développement cérébral et sur TOUTES les observations que permettent les techniques d’imageries médicale, pour montrer « qu’élever un enfant en ignorant ses pleurs, même de temps en temps, à des conséquences visibles sur son cerveau, entrainant de graves déséquilibres chimiques générateurs de problèmes psychiques» On ne connait pas toujours la raison de ces pleurs. Comme nous, le bébé à un panel d’émotions et de besoins divers et variés. Une chose est sure, il ne cherche pas à prendre le pouvoir sur nous, il ne cherche pas à gagner je ne sais quelle bataille et il ne s’agit pas de caprices.


- « Ne cède pas, c’est un caprice »
La première question que je me suis posé face à l’argument sans faille « c’est un caprice. » c’est : « à quel âge le bébé, le jeune enfant est-il capable de faire un caprice ? »
J’ai entendu des phrases ahurissantes : « Si ton bébé veut être tes bras, c’est par caprice », « Si ton bébé pleure, c’est par caprice », « S’il refuse la poussette, c’est par caprice » Qu’est-ce qu’un caprice ? Volonté soudaine, irréfléchie et changeante / Désir, volonté subite, irréfléchie et passagère. C’est donc un besoin immédiat de quelque chose, de quelqu’un. Un besoin. Un besoin intense d’être pris aux bras, un besoin extrême d’amour, un besoin désespéré de sortir de cette poussette. Pourquoi mettre en doute la légitimité de ces besoins ? Le bébé, jusqu’à ses 18 mois minimum, n’est pas capable de « caprice », au sens péjoratif du terme. La peur du « caprice » c’est encore une fois la peur d’être dominé par son enfant. La peur de ne pas réussir, plus tard, à lui expliquer ou à lui refuser quelque chose. Il est temps de se faire confiance et de LUI faire confiance. Et si, finalement, il ne s’agissait que d’Amour ?


- « Ne la prend pas aux bras, tu vas lui donner de mauvaises habitudes »
« Habitude ». Ce mot, c’est LA bête noire. Tout doit être mis en œuvre pour que l’enfant ne s’habitue pas. Attention ! : « S’il s’habitue, c’est fichu. » Pardon mais...s’habituer à quoi exactement ? A nos bras, à notre amour ? Pourtant, il n’y a pas de plus belle "habitude" que celle d'aimer. Le besoin d’être porté est aussi fort que le besoin de manger, parfois même plus fort. Colette Clark au début de son ouvrage « Le livre de l'allaitement maternel » écrit : « le nouveau-né n'a que trois besoins essentiels : la chaleur des bras de sa mère, la certitude de sa présence et le lait de ses seins ». Nos bras, c’est vital pour lui. « Les bébés humains naissent prématurés d’environ 12 mois. Cette immaturité explique le GRAND besoin de contact physique qu’ont les petits d’homme, de jour comme de nuit. » Il y a un dicton qui pourrait tout résumer : « 9 mois dans le ventre, 9 mois sur le ventre ». « Le portage, par les mouvements du porteur et les bruits de son cœur, stimule le système nerveux immature du bébé, et notamment son système vestibulaire (le système sensoriel principal de la perception du mouvement et de l'orientation par rapport à la verticale, donc à la base du sens de l'équilibre) et aide les bébés à mieux respirer, à mieux grandir, régule leur physiologie et améliore leur développement moteur. Le bébé encore incapable de se déplacer accumule l’énergie sans pouvoir la décharger autrement que par des pleurs, alors que s’il est porté par une personne active, les tensions musculaires des deux, porteur et porté, sont évacués par le mouvement » (Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Porter bébé & Ne pleure plus, bébé).  

Blaise Pierrehumbert, dans son ouvrage « Le premier lien » explique que « ce n’est que quand ses besoins de proximité sont satisfaits qu’un individu peut s’éloigner de sa figure d’attachement pour explorer le monde extérieur ». Varenka Marcassure que « le Holding nous permet, en ne séparant pas trop tôt notre bébé de notre corps, de l’aider à atteindre sans heurts les phases de différenciation(jusqu’à 4 mois, le bébé est dans une unité duelle avec sa mère. Ils constituent un système omnipotent. La mère maintient l’équilibre homéostatique de l’enfant immature, sujet à des détresses somatiques génératrices d’angoisse). C’est à cette condition qu’il accède naturellement à la séparation. C’est ainsi, paradoxalement, que notre bébé deviendra libre » et autonome.

Il FAUT prendre son bébé aux bras, le porter, même quand il ne pleure pas. Surtout quand il ne pleure pas. Lui refuser nos bras, sous le prétexte fumeux de l’apprentissage de l’indépendance ou de la peur d’en faire un capricieux, c’est comme lui interdire de manger lorsqu’il a faim. Le psychanalyste suisse Franz Rengglisépare les mammifères en 3 formes de développement de la relation mère-enfant : « les nidifuges, où le petit se déplace dès la naissance et suit sa mère ; les nidicoles où les petits restent dans un nid ; et enfin les primates, pour lesquels le nid est le corps de la mère qui le porte de manière ininterrompue pendant toute la 1ere période de sa vie ». Nous sommes des primates, le réflexe de Grasping (réflexe de préhension) qui est toujours présent chez nos bébé jusqu’à ses 6 mois, en est la preuve ! « Les experts s'accordent presque tous pour dire que ce réflexe représente un vestige de notre lointain passé » quand nous nous agrippions à la fourrure de notre mère. « Tout se passe comme si, en Occident, l’Homme s’était transformé en nidicole, mettant ses petits dans des nids plus ou moins douillets. Le problème, c’est que les besoins des bébés, eux, n’ont pas changé. Et que le berceau dont ils ont besoin, c’est le berceau qui marche, constitué par le corps de leur mère. » (Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Porter bébé.)

Au début, je voyais l’écharpe comme la solution de la dernière chance. Trop conditionnée par les menaces « d’enfant capricieux », de « mauvaises habitudes », « d’éducation foirée », je m’acharnais à essayer de la poser dans son transat, qu’elle refusait bien évidement. Dès qu’elle pleurait, je la serrais contre moi. Puis je tentais, de nouveau, de la poser. En vain. Je la mettais dans l’écharpe et elle se calmait instantanément. Je le vivais comme un échec ! J'avais du mal faire à un moment. Pourquoi ma fille ne voulait pas rester seule ? Pourquoi voulait-elle absolument être dans mes bras ? Parce que c'est un bébé. Parce que c'est normal. Il m’a fallu lire de vraies recherches, voir les bons reportages pour m’en convaincre. C’est une évidence maintenant. Lou est dans l’écharpe, une grosse partie de la journée. Elle me regarde vivre ma vie d’adulte. Je ne suis pas centrée sur elle constamment. Elle est spectatrice et elle adore ça. Il est très rare qu’elle pleure la journée (ni la nuit d’ailleurs). Grâce à notre proximité, elle peut communiquer avec moi autrement que par le pleur ou le cri. Il a été plus facile pour moi de repérer ses phases d’éveil, les signes de faim ou de fatigue. Le portage, car il apporte au bébé tout le réconfort et la sécurité dont il a besoin absolument, l’aide aussi à l’endormir. Ma fille s’endort tous les soirs, entre 20h et 21h, sans jamais pleurer, toujours sereine et calme. Une chanson ou deux, une tétée et quelques caresses la font sombrer tout de suite. 
Elle est heureuse et ses nombreux sourires en sont la preuve !



PARTIE 2 (Apprentissage du sommeil et allaitement) ICI !


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Thursday, November 7, 2013

Journal de grossesse, de Novembre 2012 à Novembre 2013.



Novembre, c’est le mois où tu t’es installée dans mon ventre. Voilà 3, 4 mois que nous t’attendions. Tu as choisi de débarquer le mois où ton papa partait 2 semaines au Mexique pour son travail. Nous étions donc certain, tous les deux, que ça ne serait pas pour ce mois-ci. C’est même le seul mois où je n’ai pas trop pensé à toi. La vie s’est imposée et tu as créé ton nid ! 

Novembre 2012 : Nous adoptons Mao, le chat. Il a trois mois, il est doux et gentil. Il me tient compagnie car papa n’est pas souvent là. Il bosse pour deux, pour trois maintenant… On fait un câlin, 2 heures avant son départ pour le Mexique. C’était beau, c’était doux et on a une crise de fou rire à la fin ! Il s’en va pour 16 jours. Je mange des pots de glace Ben & Jerry’s. Je laisse surtout fondre la glace et ne mange que les morceaux de cookies. Je regarde en boucle Kaamelott. J’ai du mal à m’arrêter de fumer. Je fume même plutôt beaucoup. Je sors avec des copines et je danse jusqu’au matin. J’ai mal aux seins. Toi, tu t’installes tranquillement. 

Décembre 2012 : Tiens, ça fait une semaine que j’aurais dû avoir mes règles. Ces derniers mois, j’avais des milliers de symptômes, je faisais même des tests de grossesse à 5 DPO (Days Post Ovulation, c’est-à-dire 5 jours après avoir ovulé, c’est-à-dire le truc inutile). Ce mois-ci : rien, que dalle, nada. Bon si, j’ai un peu mal aux seins mais pas de quoi se « taper le cul par terre ». Un samedi matin de décembre (le 8), je me décide. Je me lève, ne fait pas pipi, m’habille et fonce à la pharmacie la plus proche : fermée. J’inspire, j’expire, je serre les cuisses. La 2ème pharmacie sur mon chemin : fermée. OK, j’ai un peu envie de pleurer mais j’avance. La 3ème pharmacie : fermée. Je pourrais facilement tuer quelqu’un, là tout de suite. Enfin, je rentre dans la 4ème pharmacie.
« Un test de grossesse s’il-te-plait (oui, on se tutoie en Espagne) !
-Tu sais comment ça marche ?
-Je peux le faire devant toi pour te prouver que je sais. Donne-moi ce test. »
Impossible d’attendre. Je rentre dans le premier café et fonce aux toilettes. Hop pipi sur le plastique. Je me lave les mains et regarde le test : j’ai pissé à l’envers. Non, j’ai pas pissé la tête en bas, juste du mauvais côté. Il n’y a rien qui apparait dans la fenêtre de contrôle, ça n’a pas marché. Je me souviens m’être regardée dans le miroir, avoir hésité entre rire et pleurer et m’être convaincue que si j’étais réellement enceinte, ça serait une chouette anecdote à raconter. Je retourner à la pharmacie :
« Heu… Re-bonjour. Je voudrais un test de grossesse. Faites qu’elle ne me reconnaisse pas/ Faites qu’elle ne me reconnaisse pas/ Faites qu’elle ne me reconnaisse pas
-Bien sûr. Tu veux que je t’explique cette fois ?
-Mmmh. Ok. »
Je rentre à la maison. Papa me demande pour le test. Sans commentaire. C’est négatif ? Non, mais je ne sais pas non plus si c’est positif. Tu ne l’as pas fait ? Sans commentaire. Je décide de faire une sieste. Quand je me réveille, j’ai envie de faire pipi. Presque instantanément, deux lignes bien visibles apparaissent. Je me suis levée d’un coup, j’ai remonté mon pantalon (et je crois même que je n’ai pas pris le temps de m’essuyer.)
J’avais pensé à mille façons, plus originales et romantiques les unes que les autres de l’annoncer à ton papa. Mais en fait, j’ai juste couru vers lui, le test à la main et je lui ai secoué devant les yeux. Tu es là, au chaud, toute petite. Je l’annonce de suite à papi. On ne dit rien aux autres pour le moment. Je jette mon paquet de clope. Le lendemain, je refais un test (celui qui n'avait pas marché), et c'est aussi positif. Évidemment. Un soir, on nous coupe l’électricité, par erreur. 200€ de courses bonnes à jeter. J’allume des bougies, Mao se brule les moustaches. Je suis assise au milieu du salon, en larmes, le chat contre moi et au téléphone avec Mamie.
« Mais pleure pas ! Ce n’est pas grave, ça repousse les moustaches.
- Oui je saiiiiiiiis.
- Alors calme-toi !
- Je suis enceiiiiinte maman ! 
- Mais c’est formidable !
- Je saiiiiiis pas ! »
1er RDV chez le gynéco : on entend ton cœur battre un 20 décembre et c’est fou. J’ai deux cœurs à l’intérieur de moi. Tu es si petite et, pardon hein !, mais tu ne ressembles à rien de très humain.
Nous partons en France pour Noel chez papi et mamie. 12 heures de voiture (toute petite voiture) avec papa, mamie d’Espagne, ton cousin, Mao et une dizaine de valise. Je suis la seule à avoir le permis. Je suis fatiguée, nauséeuse, énervée et excitée en même temps! Je me pose déjà un millier de questions. Le foie gras, le saumon fumé, les huitres, je n’y ai pas droit. Je me jure de bien me rattraper l’année prochaine. On fête le nouvel an en amoureux. Je vomis à côté du stand de notre poissonnier le 31 décembre dans l’après-midi. Tu es bien installée, plus de doute.



Janvier 2013 : Je donne des cours de français et je suis épuisée. Mais j’ai du mal à dormir. La panique m’a envahi, et elle squattera jusqu’à la fin, la connasse. J’ai déjà du bide, même si je ne bouffe pas. J’ai peur de tout, peur de mal faire. Je ne sais pas être enceinte, je ne contrôle rien du tout et ça m’énerve. Tout m’énerve de toute façon. 2ème RDV chez le gynéco. Je n’aime pas les gynécos. J’en change 3 fois. En Espagne, ce n’est pas comme en France, niveau suivi. Et puis j’ai moins confiance. Tu vas bien, c’est l’essentiel. Mais on est qu’au début et je me dis que vu comme c’est parti, ça va être long. Je n’aime pas beaucoup ces émotions, ces doutes qui m’envahissent, je n’aime pas beaucoup qui je deviens, je ne me reconnais pas. Je lis une étude qui montre que « les personnes qui expriment régulièrement leur colère vivent plus longtemps". Je dois être immortelle.

Février 2013 : Je suis enceinte, et comme pour les yaourts, c’est actif à l’intérieur et ça se voit à l’extérieur. On me laisse déjà la place dans le métro. Je refuse systématiquement. J’ai toujours autant la gerbe et j’ai les nerfs à fleur de peau. J’ai l’impression d’avoir quitté mon corps et de me regarder agir comme une conne, à longueur de journée. Je regarde ce ventre, qui a l’air d’appartenir à quelqu’un d’autre. Papa te parle tous les jours. Je trouve mignon et con à la fois. Il est gentil ton papa. Mais mon dieu, qu’est-ce qu’il me saoule. Il n’a pas changé, et c’est sans doute ça mon problème. Parce que sous ma peau, c’est un bouleversement. Dans ma tête, c’est une tempête. Je voudrais qu’il réalise et vite. Je voudrais le voir s’agiter comme je m’agite. Mais non, il est juste zen. Très zen. Trop zen.



Mars 2013 : J’ai moins de nausées. J’ai des envies de tomates et de Kinder Bueno. Je prends du poids rien qu’en les regardant, les Kinder Bueno, alors autant les bouffer. En plus, ce n’est pas que de la graisse. Non. Je fais de la rétention d’eau. Et il parait que l’avantage, avec la rétention d’eau, c’est qu’on perd tout à l’accouchement. (Non.) Je te sens bouger pour la 1ere fois. Deux gros coups, bien nets, sur la droite. C’est magnifiquement flippant, merveilleusement bizarre. Je comprends pas ce qu’il se passe, je pense trop, j’imagine trop, j’intellectualise trop. Ce qui devrait être si naturel est complètement absurde pour moi. Qui es-tu bébé ? Comment fais-tu, tout seul, sous l’eau, pour grandir, pour vivre ? Je suis de plus en plus grosse, et je n’aime pas mon reflet dans le miroir. Je n’ai pas l’impression de me voir, moi. Je pleure toujours autant, malgré les promesses de mieux du 2nd trimestre. Je me noie dans ma culpabilité. Je devrais aimer être enceinte, puisque je l’ai voulu si fort. Je ne suis pas normale. Tellement de femmes rêveraient d'être à ma place. J'ai honte. J'ai honte et autour de moi, c’est le vide intersidéral. Je suis seule face ce bide qui prend toute la place dans le lit et toute la place dans ma vie. Seule face à des femmes pour qui la grossesse est un moment merveilleux et qui m’étalent en pleine gueule leur épanouissement le plus total. Seule face ces vieilles dans la rue qui me touchent le ventre, sans permission. Je n’aime pas qu’on me touche le ventre, je déteste même. J’ai l’impression qu’on te vole à moi. Je crois que je suis juste jalouse de ce sourire que les gens affichent en regardant mon bide. Jalouse de ce bonheur que la vie intra-utérine représente. Moi, ça fait 4 mois que je ne souris plus vraiment, trop effrayé de ce chaos que ta présence représente.

Avril 2013: C’est le RDV pour l’écho morphologique. Je m’installe sur le lit. Papa est à côté, la pièce est sombre. Elle me fout son liquide froid et gluant sur le ventre et là on te voit. Un bébé quoi, pour de vrai. Elles sont deux à te regarder, à te mesurer, à te contrôler. Soudain, on ne voit plus que ton cœur à l’écran. Ce cœur énorme, qui bat très vite. Et le temps s’arrête. Elle fait une tête bizarre. Elle se rapproche de l’écran, fronce les sourcils, souffle. Je m’agite. Elle m’envoie chier. Je me retiens littéralement de lui vomir dessus de peur et de lui faire ensuite lécher ledit vomit. (C’est violent, mais ça te met dans l’ambiance.) Elle nous dit d’attendre et ne nous dis plus rien. Elle appelle une collègue. Je ne peux pas affronter le regard de ton père mais sa main serre la mienne. La collègue arrive. L’autre lui explique très vite qu’elle pense qu’il y a un problème avec l’artère. On te regarde encore le cœur sous tous les angles. Moi je les regarde, elles. Enfin, je comprends que tout va bien. On nous informe de la situation. Je n’écoute pas, je sais que tu vas bien. Je suis complètement à l’ouest, dans les vapes, choquée. J’entends juste cette phrase : c’est une fille. Une fille. Ma fille. Toute cette journée, je me suis répétée en boucle « ma fille, ma fille ». Je reçois une claque monumentale. Ce bonheur me tord les tripes. Je ne me sens plus femme mais louve.



Mai 2013 : L’appart ne nous convient plus, trop cher, trop peu d’espace, mal agencé. Le baromètre de mon stress m’explose en pleine gueule. Je n’arrive plus à gérer, mon ventre m’étouffe. Tu es trop là, moi pas assez. C’est toi qui contrôle mon corps tout entier. Je tente chaque jour de reprendre le dessus. Je ne veux pas me laisser faire, je n’arrive pas à accepter de me voir mise de côté. Et putain, qu’est-ce que je suis grosse. Je suis épuisée de ce corps que je n’aime pas du tout. Papa ne me souhaite pas la fête des mères et c’est le drame. Avec papa c’est très tendu. Avec tout le monde, c’est très tendu. Je me revois me dire « vivement qu’il rentre, il faut que je l’engueule ». De quoi ? De rien. Ou de tout plutôt. Parce que pour lui, tout baigne. Parce que rien ne change dans sa vie à lui. Parce qu’il ronfle tellement fort que j’ai l’impression d’avoir une équipe de rugby dans mon lit. Les cours de préparation à l’accouchement commencent. Parler dilatation à 8h du mat’, très peu pour moi. On se marre comme deux ados et on n’écoute rien. On y sera allé que 2 fois.
Fin mai, on passe 4 heures à Ikéa pour t’acheter les meubles. Je veux tout monter tout de suite, mais nos cons de proprios doivent encore vider leurs merdes de ta chambre. J’aimerais les appeler toutes les 10 minutes mais le peu de bon sens qui me reste m’en empêche. Je sens que ça ne va pas durer. Le monstre va s’échapper.

Juin 2013 : Ca y est, je ne vois plus mes pieds. C’est pas le plus emmerdant. Y a autre chose que je ne vois plus, et depuis plus longtemps... Une nuit, je te sens bouger, plus que d’habitude. Ca y est, tu as la tête en bas. Je sais qu’il reste un mois et demi, mais je te dis que si tu veux venir maintenant tu peux. Et j’ai pas honte. Et j’emmerde les connasses d’un forum qui me diront : *voix de pétasse* « un bébé, c’est 9 mois ! ».
J’en suis à 15 bouquins et 132 vidéos, je révise mieux le sujet que mes partiels à l’époque. « A l’époque ». Une expression de vieille. Oui parce qu’en plus de la dépression prépartum, je me sens vieille. Et moche. Et grosse. Je mange n’importe quoi, n’importe quand. Je compense pas, j’ai la dalle. Une dalle incroyable. Bon, ok. Je compense peut-être un peu aussi. Je prends des coups de pression, comme ça pour rien, assez régulièrement. Je fais des listes. Et des listes de listes. Mamie et ma meilleure amie débarque pour un week end. Papa se barre pour le travail et il est aussi invité à un mariage. Une pierre, deux coups. Je n’aime pas l’idée, du tout. Je suis exécrable. Grosse dispute avec mamie. Je m’étouffe dans mes larmes. Si elle, mon pilier, ne comprend pas non plus à quel point je suis au bord du gouffre, c’est foutu pour moi. Elle comprend, en fait. Le lendemain, on va se promener. Quand on revient à la maison, la porte d’entrée n’est pas fermée à clé. La fenêtre du salon est ouverte, ça sent un peu la clope. Mon salon tout entier est jaune. Jaune comme le papier cadeau dans lequel est emballé le million de cadeau. De derrière mon bar, surgissent toutes (ou presque toutes) mes copines. A ce moment, j’ai presque accouché de surprise. Il y a un gâteau, mais il est fait de couches.  Il y a du vin mais je ne peux pas en boire. Il y a de la bouffe que je n’ai pas le temps de manger tellement j’ai de cadeau à ouvrir. On appelle ça une Baby Shower, et je ne remercierais jamais assez Laura qui a tout organisé ainsi que tous ceux qui ont participé. Et puis aussi et surtout, MERCI à mes parents, du fond du cœur. Je leur dois beaucoup, je leur dois tout. Je ne manque plus de rien. TU ne manques plus de rien. Il y a plus de matos dans ta chambre que dans la réserve de Prénatal. Ou d’Autour de Bébé.



Juillet 2013 : Comment on dort avec plus de 120 cm de tour de ventre ? Comment on VIT avec plus de 120 cm de tour de ventre ? Ma chance : aucunes vergetures. J’ai sommeil, mais je deviens insomniaque du matin. Je suis debout à 5h du mat, tous les jours. Je prépare la valise pour le séjour à la mater. Papa doit partir 10 jours pour son travail, encore. C’est tellement dur d’être sans lui. On m’a dit que tu pouvais venir à tout moment, car tu es très basse. J’ai donc ordre de me reposer. Quand il rentre, je mets en place le système d’évacuation. Je veux que ça s’arrête. Je veux te rencontrer, je veux récupérer mon corps, il m’appartient bordel. Homéopathie, acupuncture, marche, danse, natation, piment, sexe, ananas, massage des tétons, ménage à quatre pattes, ballon de naissance, huile de ricin, thé au feuilles de framboisiers, pensée positive, visualisation. Je suis au paroxysme de l’aigreur et de la mauvaise humeur. Mon surnom c’est le ratel (« animal carnivore à caractère teigneux qui ne cesse de grogner »). Je déteste tout le monde, j’en veux à la terre entière. Allez tous vous faire foutre. J’ai chaud, je vis au ralenti alors que ma tête je suis en accélérée. En course contre un escargot, il me mettrait facile 10 km dans la tronche. Tout est gros sauf mes seins. J’ai mal aux jambes, j’ai de nouveau envie de vomir, j’ai des remontées acides, j’ai envie de mourir. Je suis le cliché vivant de la femme enceinte, en plus grosse, plus chiante et plus flippée. Je fête mes 27 ans dans un palace avec papa, une journée entière dans un SPA et une nuit tendre (oui « tendre » pas hot ou sexe, tu crois vraiment que je suis en état ?) dans un grand lit.



Août 2013: Les 16 jours les plus longs de toute ma vie. Mais putain de bordel de couille pas fraiche, pourquoi tu ne veux pas sortir de ce veeeentre ? Je danse comme une folle sur Tutti Frutti de Little Richard. Tes grands parents arrivent, pas toi. Tes arrières grands parents arrivent. Toujours pas toi. Papa me dit que je me mets trop la pression. Crise de larmes : « voilà, tu vois ?! Je suis une mauvaise mère, c’est ma faute. Tout est MA faute. Je suis nulle, je ne vais jamais y arriver, laissez-moi crever. » RDV chez l’autre con de gynéco. Je supplie qu’il me fasse un déclenchement : « mets moi sous perf d’ocytocine, sinon j’te fais bouffer tes dossiers ». Il refuse : « on ne donne pas naissance à la carte, il faut respecter la nature, blablabla ». Il aura quand même passé 42 semaines, sans voir ni ma culotte, ni SOUS ma culotte. Alors niveau crédibilité, on repassera. Je suis à J+1, je n’ai plus de force et les 1eres vergetures apparaissent. Si tu étais arrivée dans les temps, je n’aurais pas eu de séquelle. Re-culpabilité, encore une fois je ne pense qu’à ma gueule. Je suis sûre que je ne vais pas réussir à accoucher. Toi, tu vas bien, je suis sure que tu es énorme et que tu vas tout déchirer sur ton passage. En vrai, je commence sérieusement à t’en vouloir de me faire subir tout ça. Je trouve que j’en ai suffisamment chié comme ça et que ça serait quand même sympa que tu te bouges un peu les miches. Commence ensuite un harcèlement. Tous les jours, des messages sur Facebook, par textos, des appels et toujours la même question : « alors tu as accouché ? » Question con sérieux : « ah ben oui, oui j’ai accouché, mais j’ai décidé de pas te le dire, rien que pour t’emmerder. » Un matin, je pète littéralement un plomb. Je dis à papa : « Ok, on va aux urgences, on dit que je me suis gourée sur la date de mes dernières règles, que je suis donc trop avancée dans la grossesse et qu’il faut provoquer l’accouchement». Il me regarde dépité, et…on file à la maternité. Je mens comme un arracheur de dents au médecin de garde, qui n’en croit pas un mot mais qui, dans le doute, est obligé de me filer un RDV pour un déclenchement. On est le 15 aout. On a RDV le 17. Le 16 a 20h, je ne veux pas quitter ma mère, je sais pas pourquoi, mais je veux rester encore un peu dans ses bras. Je perds les eaux à 2h du mat. Je suis à J+7 (pour de vrai) et je me dis que tu es une sacrée coquine. ((Récit accouchement ici !)

9 mois (et demi) de… merde ! Ben oui, soyons honnête ! J’ai douté, j’ai pleuré, j’ai crié, j’ai même hurlé. J’ai chanté, j’ai supplié, j’ai lu Le petit Prince une bonne centaine de fois. J’ai caressé ce ventre presque malgré moi, j’ai espéré que mon nombril rien bien à sa place. Je t’ai aimé sans te connaître, je t’ai reconnu de t’avoir tant imaginé, je t’ai à jamais sur ma peau (putain de vergetures.)

Novembre 2013 : J’écris cet article pendant que tu dors contre moi dans l’écharpe. « Ma fille », ma  vie, mon tout. Je te renifle, je suis toujours louve mais beaucoup plus femme aussi. Je me suis trouvée grâce à toi et je repense, émue à ce mois novembre il y a un an. Tu as changé ma vie, tu as bouleversé mon quotidien, tu m'as fais jeter tous mes bouquins, tu m'as fais t'aimer en un regard, tu m'as rendu sure de moi, tu as fais de moi une maman.



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Friday, November 1, 2013

Comment est née Halloween?

  
COMMENT EST NÉE HALLOWEEN ?


À l’origine, une fête celtique 


 La fête celtique de Samain, dont les origines remontent à plus de 2 500 ans, est considérée comme l’ancêtre d’Halloween. Cette fête célébrait la fin de l’année et l'entrée dans la nouvelle année.
Les Celtes pensaient que, durant la nuit de Samain, les frontières entre le monde des morts et celui des vivants étaient ouvertes et que les esprits venaient rendre visite aux vivants. La fête de Samain, célébrée en Irlande et en Écosse, a progressivement été supplantée par la Toussaint introduite le 1er novembre par l'Église catholique aux environs du VIIIe siècle.

Une fête exportée aux États-Unis par les Irlandais au XIXe siècle 


Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que la fête d'Halloween devint la fête que l’on connaît aujourd’hui. À cette époque, les migrants irlandais et écossais s'installent sur le nouveau continent pour fuir la Grande famine en Irlande, et apportent avec eux leurs contes et leurs légendes.
Depuis lors, Halloween est célébrée aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Irlande, et en Grande-Bretagne. Traditionnellement, le soir d’Halloween, les enfants portent des déguisements qui font peur et sonnent aux portes de leur quartier en demandant des bonbons avec la formule : Trick or Treat ! (en Français : Farce ou friandise). Les enfants ainsi déguisés symbolisent les âmes des morts qui venaient rendre visite aux vivants durant la nuit du Samain celtique.
Le nom "Halloween" est une altération de « All Hallows Eve » qui signifie "le soir de tous les saints".
Avant la citrouille, il y avait le navet !


Aujourd’hui, le symbole d’Halloween est la citrouille, mais ça n’a pas toujours été le cas. Ce légume est une référence à la légende irlandaise de Jack à la lanterne (Jack-O'-Lantern). Selon la légende, Jack, personnage ivrogne paresseux, défie le diable. À sa mort, ni le paradis ni l’enfer ne veulent l’accueillir. Jack est condamné à errer éternellement dans l’obscurité en s'éclairant d'une bougie plantée dans un navet évidé. Jack réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween. Avec les années, le navet a progressivement été remplacé par une citrouille plus large et plus facile à sculpter.
En France, la fête d’Halloween n’apparaît qu’à la fin des années 1990, mais elle ne parvient pas à s’implanter comme outre-Atlantique, notamment parce qu'elle est jugée trop commerciale par ses détracteurs.

La Llorona at Halloween Horror Nights 2011



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